mercredi 25 avril 2012

"Portnoy et son complexe", de Philip Roth.

Voici un auteur que je lis volontiers. Philip Roth est l'un des maitres de la littérature nord-américaine. Né en 1933 à Newark aux Etats-Unis, il est l'auteur de plus d'une trentaine de livres. "Portnoy et son complexe" tient une place particulièrement importante dans son œuvre car c'est le roman qui l'a révélé au grand public. Ce roman est fréquemment classé parmi les plus grand roman du XXème siècle.

Alexander Portnoy est un fonctionnaire à la mairie de New York. Ce roman est un monologue : ce sont les confessions de Portnoy à son psychanalyste. Élevé dans le quartier juif de Newark, New Jersey, Alex nous raconte son enfance entre son père, commercial de petite envergure passant son temps sur la cuvette des toilettes à essayer de vaincre une constipation chronique et une mère juive envahissante qui passe son temps à le mettre sur un piédestal et qui lui reproche en permanence son manque de reconnaissance.

mercredi 11 avril 2012

"La carte et le territoire", de Michel Houellebecq.

Enfin sorti en poche ! Ça faisait un moment que je l'attendais. Un an et demi avant la sortie en poche, ça fait beaucoup. "La carte et le territoire" est le cinquième roman de Michel Houellebecq. Michel Houellebecq a (enfin !) obtenu le Goncourt avec ce livre.

Considéré par beaucoup comme un des auteurs majeurs de la littérature française contemporaine, chacun de ses roman est aussi sujet à controverse et à des critiques acerbes. La personnalité très particulière du romancier, sa rareté médiatique, ses propos provocateurs jouent un rôle important dans les sentiments qu'il provoque.

"La carte et le territoire", c'est l'histoire de Jed Martin, un artiste qui s'était fait connaître aux Beaux-arts en réalisant une série de photos remarquée d'objets métalliques usinés. Quelques années plus tard, il expose une série photographique de cartes routière Michelin. Cette exposition, "La carte est plus intéressante que le territoire", est un succès. Remarqué par Olga, une magnifique russe responsable de la fondation artistique de Michelin, il va vivre une relation passionnelle avec elle avant que celle-ci ne s'envole vers d'autres projets professionnels. Un accord avec Michelin va lui assurer un train de vie confortable, mais curieusement, Jed Martin va délaisser la photos de nombreuses années pour se consacrer à la peinture.

jeudi 29 mars 2012

"Le grand passage", de Cormac Mc Carthy.

J'ai découvert Cormac McCarthy avec son roman précédent, "la route", que j'avais beaucoup aimé. Cet auteur né en 1933 à Providence aux Etats-Unis, pour le moins discret, est l'auteur d'une dizaine de romans, en 45 ans d'écriture. "Le grand passage a paru en 1994.

Au tout début des années 40, dans le sud des Etats-Unis, non loin de la frontière mexicaine composée de deux frères, Billy et Boyd et de leur parents élèvent des chevaux. Depuis quelques jours, louve tue du bétail dans les collines. Billy et son père décident d'aller poser des pièges dans les collines mais la louve est maligne et ne se laisse pas prendre. Après plusieurs excursions, Billy continue seul et prend la louve blessée dans un de ses pièges. Il décide alors, plutôt que de regagner sa maison, de ramener la louve d'où elle vient, dans les collines du Mexique.

dimanche 25 mars 2012

"Les miscellanées de Mr Schott", de Ben Schott.

"Un livre complètement inutile et donc indispensable". Voilà une phrase-cliché que je retrouve le plus souvent à propos de ce livre. Chaque que je vois un tel jugement sur un objet ou une œuvre, ça ne m'inspire guère la confiance. C'est une façon habile de ne pas donner son avis, de ne pas prendre position. Qu'un critique professionnel s'en tienne à se jugement me rend fou. On aime ou on aime pas. Ou on aime "moyen". Ou on ne sait pas, à la limite.

Ben Schott est un "écrivain" britannique né en 1974 à Londres. Tout d'abord photographe de presse, il laisse tout tomber pour la réalisation des miscellanées, et pour les éditions suivantes (édition culinaire, almanachs). Il s'occupe de la conception, de la réalisation, et il supervise les éditions internationales. Il a vendu plus de 2 millions des miscellanées à travers le monde mais n'a pas pris la peine de faire traduire ni son site, ni le site des miscellanées en d'autres langues. 200 000 mille exemplaire rien qu'en France, ça aurait pu occasionner un peu plus de respect...

jeudi 22 mars 2012

"Un roman français", de Frédéric Beigbeder.

J'ai un petit problème avec Frédéric Beigbeder. Alors que j'éprouve plutôt de la sympathie pour l'homme, j'ai un peu plus de mal avec son œuvre littéraire. Je trouve qu'il émane de sa personne, malgré ses pitreries et ses multiples turpitudes une sorte de douceur et de sagesse. Mais les deux romans qu'il m'a été donné de lire de lui jusquà présent, "99 francs" et "Windows on the World" ne m'ont pas emballé plus que ça, même si je reconnais pour le premier une certaine originalité et un vrai travail de création.

Frédéric Beigbeder a aujourd'hui 46 ans. Il est né à Neuilly. Diplomé de Sciences Po et titulaire d'un DESS en marketing, il est tour à tour créatif dans une agence de publicité, écrivain, présentateur télé, critique littéraire, réalisateur et fondateur du prix de Flore. Il a obtenu le prix Interallié pour "Windows on the World" et le Renaudot pour "un roman français", son huitième et dernier roman en date.

samedi 17 mars 2012

"Dernière nuit à Twisted River", de John Irving.

Quand j'ouvre un roman de John Irving, c'est toujours un moment à part. C'est certainement l'écrivain qui, sur la durée, m'a le plus émerveillé. Révélé au grand public en 1978 par son roman "Le monde selon Garp" devenu un roman culte, chacune de ses production est ensuite un succès d'édition et un chef d’œuvre littéraire.

Chaque roman de John Irving est comme une pièce d'horlogerie finement ciselée. John Irving commence à chaque fois un roman en connaissant exactement la fin de celui-ci, en ayant fait un gros travail de recherche, en connaissant l'évolution de ses personnages. Et il n'hésite pas à réécrire sans cesse jusqu'à obtenir précisément, ce qu'il souhaitait au départ. Cette méthode, ce travail laborieux, cette exigence expliquent l'excellence de ses publications. Et peut-être aussi le peu de productivité : 12 romans en 45 ans d'écriture. Mais chaque ouvrage est un tel condensé de créativité...

jeudi 15 mars 2012

"Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre" de Brock Clarke.

Un auteur que je ne connaissais pas. Je me baladais dans une librairie, c'est le titre du livre qui a attiré mon œil. Un titre prometteur et décalé sur le devant, je retourne le livre et lis la quatrième de couv' : l'histoire a l'air sympa et un critique du Figaro Magazine déclare que ça ressemble à du John Irving. Bref, je flaire la bonne affaire et je le mets dans mon cabas.

L'auteur, Brock Clarke a la quarantaine et il est l'auteur de 5 romans. "Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre" est son quatrième et a été un succès. Il est américain, vit dans le Maine et enseigne la littérature. Il possède un site internet, en anglais uniquement.

L'histoire est celle de Sam Pulsifer. A 18 ans, ce jeune homme a réduit accidentellement en cendres la maison d'Emily Dickinson a Amherst, une petite ville du Massachussets. Malheureusement, il va par la même occasion brûler vif le couple de guides de la maison qui étaient en train de copuler dans un lit. Sam Pulsifer va donc être condamner à dix ans de prison.

dimanche 11 mars 2012

"Dieu et nous seuls pouvons", de Michel Folco.

Attention ! Livre exceptionnel ! Voici le type de roman déjanté, bien construit, original, documenté qui fait aimer la lecture. C'est la troisième fois que je le lis. Et j'essaie de le faire découvrir à plusieurs personnes. Je lis sur internet que beaucoup ont aimé ce livre. Michel Folco est un écrivain un peu atypique. Tout d'abord photographe, il commence à écrire à presque 50 ans et livre en moyenne un roman tous les cinq ans (seulement). "Dieu et nous seuls pouvons" est son premier roman et c'est une réussite complète. Un piètre film en a été tiré, "Justinien trouvé ou le bâtard de Dieu", que je déconseille fortement.

Le héros est Justinien Pibrac. Bébé, il a été retrouvé devant une abbaye, abandonné par ses parents et le nez arraché pour que personne ne reconnaisse son géniteur. Devenu adolescent, après de nombreuses tribulations, Justinien est condamné à 20 ans de galères pour brigandage. En attendant la chaîne, il est au cachot avec un autre condamné, à mort celui-ci. 

jeudi 8 mars 2012

"Vacances anglaises", de Joseph Connolly.

Amis lecteurs, les temps sont durs ! 5 ans de sarkozisme pendant lesquels mon salaire n'a pas augmenté d'un traître centime alors que le prix de tout a dégénéré. Du coup, pour limiter un peu mon budget livre, j'intercale des relectures et des achats de livres nouveaux. La bonne nouvelle étant qu'au moins je ne me tape pas des nanards et que je peux enfin relire des livres que j'avais aimé.

"Vacances anglaises" est le quatrième roman de Joseph Connolly, écrivain britannique, qui en a publié dix au total. il a paru en 1998 et en 2000 pour sa version française. Joseph Connolly en écrira la suite l'année d'après, "N'oubliez pas mais petits souliers" et Michel Blanc l'a porte à l'écran sous le titre "Embrassez qui vous voudrez" avec une très belle distribution. Soit dit en passant, le film n'est pas dégueu. Joseph Connolly a un site internet officiel.

mardi 6 mars 2012

"Chagrin d'école", de Daniel Pennac.

Voici un livre pour lequel Daniel Pennac a reçu le Renaudot en 2007. A mi-chemin entre un récit autobiographique et un roman, ce livre est difficile à classer. C'est une réflexion sur l'école et la relation entre l'élève et son professeur. Le livre débute sur un aveu de l'auteur : il a été un cancre à l'école. Difficile à admettre de la part d'un professeur titulaire d'une maîtrise de lettres et auteur d'une trentaine d'ouvrages ( romans, livres pour enfants, récits, éssais...).

Et pourtant, Daniel Pennac déclare qu'il lui a fallu un an pour assimiler la lettre A ! Qu'il ne comprenais rien de rien dans plusieurs matières et qu'il décrochais en général au bout de quelques minutes de cours. Sa maman, dont il était très proche, s'est inquiété pour son avenir tout au long de ses études (cela  dit, elle continue de s'inquiéter pour la carrière de son fils de 67 ans aujourd'hui encore). 

samedi 3 mars 2012

"La belle vie", de Jay McInerney.

J'ai découvert Jay McInerney il y a quelques années avec son roman "Trente ans et des poussières", que j'avais bien apprécié. Il s'agissait d'une chronique d'un style de New-yorkais à la fin des années 80. "La belle vie" est en quelque sorte la suite, puisqu'il s'agit des mêmes personnages confrontés à l'après-attentat du 11 septembre.

Jay McInerney est un écrivain américain né en 1955 dans le Connecticut. Il rencontre le succès dès la parution de son premier roman, "Journal d'un oiseau de nuit". Classé dans la mouvance d'un Bret Easton Ellis, dont il est proche, Jay McInerney dresse dans son œuvre une peinture de la jeunesse dorée à New York. Il est l'auteur de dix romans. Il a un site internet officiel, ici (en  anglais).

jeudi 1 mars 2012

"D'autres vies que la mienne", d'Emmanuel Carrère.

Voici un auteur que je n'avais jamais lu et que je découvre donc avec un livre plutôt étrange. Emmanuel Carrère est témoin dans sa vie de deux morts en peu de temps : une petite fille lors du tsunami de 2004 alors qu'il passe des vacances avec sa compagne au Sri lanka, et la mort de sa belle sœur, atteinte d'un cancer. Dans les deux cas, une personne lui demande, comme il est écrivain, de raconter ce qu'il voit.

Emmanuel Carrère est né en 1957 à Paris. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages (romans, récits et essais) dont plusieurs ont été adaptés au cinéma. Il a remporté plusieurs prix littéraires dont le Renaudot pour son dernier bouquin, "Limonov". Il est également scénariste et metteur en scène.

La lecture de "D'autres vies que la mienne" m'a laissé un une impression mitigée. Si j'avoue avoir dévoré ce livre en une journée, j'ai aussi été très dérouté par le déroulement du récit. Quelques jours après avoir refermé ce livre, il me reste l'idée d'un livre certes intéressant mais construit de bric et de broc et surtout d'un ensemble manquant d'émotion. Évidemment pas d'émotion dans l'histoire, mais d'émotion dans la façon de raconter la mort de ces deux personnes.

mercredi 29 février 2012

"Les cochons au paradis", de Barbara Kingsolver.

Voici une écrivaine que j'ai découverte il y a quelques années grâce à un site internet qui parlait de John Irving. L'auteur de ce site citait Barbara Kingsolver parmi les écrivains dont le style ressemblait à Irving. Barbara Kingsolver est née en 1955 à Annapolis aux Etats-Unis. Après l'obtention d'un mastère en biologie en 1980, elle devient écrivain scientifique. Souffrant d'insomnie, elle écrit son premier roman "L'arbre aux abricots" pendant ses nuits sans sommeil. Celui-ci paraitra en 1988, et seulement huit après en France, à l'occasion de la sortie de la suite, "Les cochons au paradis". Elle est l'auteure aujourd’hui d'une dizaine de livres et a un site internet (en anglais).

"Les cochons au paradis" est donc la suite de "l'arbre aux abricots", mais peut-être lu de façon indépendante sans préjudice. On y retrouve les personnages de la première partie : Turtle, Taylor et Alice. Taylor est la maman de Turtle. Pas la maman naturelle mais accidentelle : trois ans plus tôt, elle a trouvé Turtle, une petite indienne Cherokee dans sa voiture, traumatisée et violentée, ayant certainement subi des violences sexuelles. Taylor l'a recueillie et a mis longtemps a gagner la confiance de la petite et un lien fort commence à les unir. C'est pourquoi, lors de la visite d'un barrage, alors que personne ne veut la croire, Taylor va faire confiance à Turtle quand celle-ci va déclarer qu'elle a vu un monsieur tomber dans un déversoir. Mais Turtle a vu juste et ce jeune homme sera sauvé grâce à Turtle.

dimanche 26 février 2012

"L'élégance du Hérisson", de Muriel Barbery.

Ça faisait un moment que je voulais lire ce livre mais je m'en méfiais une petit peu. En général, quand un livre croule sous les critiques favorables, ça me crée deux sortes de sentiments : si j'ai un à priori plutôt positif sur le livre (c'est le cas ici), j'ai peur d'être déçu et si j'ai un à priori plutôt négatif, toutes les critiques positives vont me sembler suspectes et je vais avoir tendance à me braquer sur le livre sans prendre de recul. C'est d'ailleurs pour ça que je rédige ces commentaires toujours quelques jours après avoir refermé le livre et non tout de suite après.

A priori donc plutôt positif pour ce roman qui a remporté plusieurs prix littéraires et dont un film a été tiré. "L'élégance du hérisson" est le deuxième roman de Muriel Barbery, écrivain français née  à Casablanca en 1969. Elle vit au japon où elle peut avoir une vie en retrait de la pression médiatique. Absente des média, le succès de "l'élégance du hérisson", dû essentiellement au bouche à oreille des lecteurs, est un phénomène d'édition très rare. 1,3 millions d’exemplaires vendus avant la sortie en poche, une parution dans plus de 40 pays.

vendredi 24 février 2012

"La malédiction d'Edgar", de Marc Dugain.

Voilà une lecture qui rejoint l'actualité, bien malgré moi. Alors que le film, de Clint Eastwood sur John Edgar Hoover est sorti il y a un mois, j'ai commandé ce livre de Marc Dugain sans savoir qu'Edgar était Hoover. Marc Dugain est un écrivain français né au Sénégal en 1957. Auteur de sept romans, "La malédiction d'Edgar" est le quatrième qu'il a publié. Ce roman biographique raconte donc l'histoire de John Edgar Hoover, patron du FBI pendant près de cinquante ans.

Le livre commence par une sorte de prologue pendant lequel on voit le narrateur se porter acquéreur des mémoires de Clyde Tolson auprès d'un éditeur qui l'avait acquis quelques années auparavant mais qui doute de son authenticité. Clyde Tolson est, de 1930 à 1972, le second de John Edgar Hoover, mais aussi son alter ego, son ami, et certainement son amant.

jeudi 23 février 2012

"Aux bons soins du Dr Kellogg", de T.C Boyle.

Relecture pour ce livre que j'avais lu et adoré il y a une quinzaine d'années. Avec la petite appréhension d'être déçu que l'on éprouve souvent en relisant un livre ou en revisionnant un film que l'on avait aimé il y a longtemps. T.C Boyle est une écrivain américain né en 1948 à Peekskill. Au fil des années, c'est devenu un auteur culte, aussi bien pour son œuvre (treize romans et sept recueils de nouvelles) revisitant tous les grands problèmes de la société américaine et les mythes fondateurs de la culture américaine, que par sa personnalité haute en couleur et son look de rocker. "Aux bons soins du Dr Kellogg" est son cinquième roman paru en 1993 (1994 pour la traduction française). Il est l'auteur d'un de mes livres préférés, "Au bout du monde", que je relirai pour la troisième fois dans les mois à venir pour vous en faire profiter.  T.C Boyle à une site internet très bien fait avec un forum où l'auteur répond souvent lui-même aux questions de ses fans

mardi 21 février 2012

"Indignez-vous", de Stéphane Hessel.

Bon, allez, ça y est, je l'ai lu ! J'ai fait comme tout le monde. Des mois que je résiste à la pression ambiante (ça devrait d'ailleurs plaire à l'auteur). Tout le monde chante des louanges sur le livre de Stéphane Hessel (sauf Éric Zemmour qui qualifie cet essai de lieu commun écrit par un vieillard gâteux). J'ai vu Stéphane Hessel dans plusieurs émissions, et c'est quand même compliqué de ne pas éprouver de la sympathie et du respect. Normalien, résistant pendant la guerre puis déporté à Buchenwald et Dora, diplomate, membre de nombreux conseils, associations, comités, commissions ou groupes de travail, militant, écrivain, poète, Grand-Croix de l'Ordre national du Mérite, Grand Officier de la Légion d'Honneur, on peut parler d'une vie pleine. Et sans tomber dans la gérontophilie, je le trouve beau. Il a 94 ans.

lundi 20 février 2012

"Suites impériales", de Bret Easton Ellis.

D'habitude, quand parait un bouquin de Bret Easton Ellis, je vais l'acheter dans les jours qui suivent, quand je ne l'ai pas réservé à l'avance sur le site de la Fnac. Mais pour "Suites impériales", j'ai tranquillement attendu la sortie en poche avant de l'acheter : un présentiment. Bret Easton Ellis est un écrivain américain né à Los Angeles en 1964. Il est devenu au fil des années un des plus grands écrivains américains contemporains malgré une œuvre peu dense : six romans en 26 ans. "Suites impériales" est le dernier en date. Son roman précédent, "Lunar Park", que j'ai trouvé excellent, laissait augurer de biens belles choses.

Mais là, j'ai senti le piège. "Suites impériales" est en quelque sorte la suite de son premier roman "Moins que zéro", paru en 1985. Pas vraiment la suite car il n'est pas nécessaire d'avoir lu me premier pour accéder au deuxième. Il s'agit en fait des mêmes personnages, mais 25 ans plus tard. "Moins que zéro" décrivait le quotidien d'une jeunesse dorée de Los Angeles, entre désœuvrement, vanité, vacuité, drogue et soirées dépravées. Bret Easton reprend les même 25 ans plus tard, la chirurgie esthétique en plus. Clay est devenu scénariste et revient à Los Angeles après quelques mois passés à New York. Il se traine de soirées en soirées, à moitié défoncé et lunette noires omniprésentes. Il doit participer au casting d'un film dont il est le scénariste. Lors d'une séance, il repère une fille dépourvue de tout talent artistique, Rain,  mais d'une beauté qui le subjugue. Il va alors obtenir ses faveurs en lui faisant miroiter la possibilité d'obtenir le rôle dans le film. Mais Clay se sent surveillé. Une voiture le suit, il reçoit des SMS étranges et il a l'impression de ne jamais retrouver son appartement dans le même état qu'il l'avait laissé dès qu'il s'absente. Mais Rain est aussi impliquée avec Trent, avec Julian et surtout Rip, d'autres personnages de "Moins que zéro". Parallèlement à cela , des corps gravement mutilés sont retrouvés...

samedi 18 février 2012

"Aux fruits de la passion", de Daniel Pennac.

Ça faisait pas loin de dix ans que je n'avais pas lu un "Pennac". J'avais adoré les trois premiers épisodes de la tribu Malaussène : "Au bonheur des ogres", "La fée Carabine" et " La petite marchande de prose". Ces trois opus étaient de vrais petits bijoux d'originalité et de drôlerie. Le quatrième épisode, "Monsieur Malaussène", commençait à sentir un peu le réchauffé. Le dernier livre en date que j'ai lu est "Le dictateur et le hamac" et je l'avais trouvé moyen. Daniel Pennac est un écrivain français né à Casablanca en 1944. Après une maitrise de lettres, il devient professeur en collège et commence à écrire des romans pour enfants.

"Aux fruits de la passion" est le sixième et dernier épisode des "Malaussène". On y retrouve toute la tribu de Belleville. Dans cet opus, Thérese, la sœur de Benjamin a décidé de se marié avec Marie-Colbert de Roberval, conseiller référendaire à la Cour des comptes, qui est destiné aux plus hautes fonctions de l'état. Ce mariage à peine consommé va bien entendu être le point de départ de nombreux malentendus, meurtres et autres événements. Surtout qu'à priori, ce qui intéressait le plus Marie-Colbert dans ce mariage était le don de voyance de Thérèse, qui le perdit dès le mariage célébré. S'ensuivent une série de quiproquos et de renversements de situation.


vendredi 17 février 2012

"A quand les bonnes nouvelles ?", de Kate Atkinson.

J'ai eu ce livre en cadeau pour l'achat de deux autres livres de poche. Ça tombe bien, je ne l'avais pas encore lu et j'avais lu les deux précédents épisodes mettant en scène Jackson Brodie. Kate Atkinson est une écrivaine britannique née en 1951 à York. Son premier roman, "Dans les coulisses du mesée" a remporté un vif succès et lui a fait obtenir de nombreux prix littéraires.

"A quand les bonnes nouvelles ?" est son sixième roman, le troisième avec son "héros" récurrent : Jackson Brodie. L'histoire débute dans la campagne du Devon. Une mère rentre des courses avec ses trois enfants et son chien. Un homme les suit, puis les agresse. Il assassine la fille ainée, le petit Joseph, 1 an et la maman. Joanna, elle parvient à s'échapper. Trente ans plus tard, Joanna est médecin. Elle est mariée, a un enfant et a une vie paisible. Mais Decker, qui avait été arrêté pour le meurtre de sa famille doit être libéré.

lundi 13 février 2012

"L'art français de la guerre", d'Alexis Jenni.

Voici notre prix Goncourt 2011 : un premier roman, un pavé de 630 pages qui parle de la guerre et publié dans la "blanche" de Gallimard, qui plus est. On a l'impression d'être revenu cinq ans en arrière, avec "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell. Tout semble réuni pour que je me régale : j'aime, à de rares exceptions, les livres qui obtiennent le prix Goncourt, j'aime les romans un peu trapus, j'aime le prestige de la collection, le titre me parait annonciateur de quelque chose qui a de la gueule, et en plus, c'est un auteur lyonnais... C'est donc le premier roman d'Alexis Jenni, né à Lyon en 1963. Professeur de sciences et vie de la terre, il enseigne dans un prestigieux établissement lyonnais au coeur du quartier d'Ainay.

mercredi 8 février 2012

"La bête qui meurt", de Philip Roth.

La sortie d'un livre de Philip Roth est toujours un événement. Il est un des piliers de la littérature américaine. Né en 1933 à Newark aux États-Unis, il est l'auteur d'une trentaine de romans et a remporté quasiment autant de prix littéraires. "La bête qui meurt" a paru en 2003, en 2006 pour sa traduction française. On y retrouve David Kepesh, un professeur de littérature qu'on a découvert dans deux romans : "Le sein", et "Professeur de désir". 

David Kepesh a aujourd’hui 70 ans et le récit est celui qu'il fait à un de ses amis. David se sent vieillir, il voit la décrépitude de son corps, il est "la bête qui meurt". Il revient quelques années en arrière et raconte comment son prestige en tant que professeur et sa petite notoriété due à une émission sur une télévision locale lui permettent régulièrement d'avoir des relations avec ses étudiantes. Et plus particulièrement, huit ans auparavant, il fait la rencontre de Consuela Castillo, une exilée cubaine dont la beauté très charnelle le stupéfie. Alors qu'il s'évertue habituellement de rester sur le terrain  sexuel pur, il tombe éperdument et ridiculement amoureux de Consuela, qui a 38 ans de moins que lui.Il découvre alors les affres de la douleur, du manque amoureux, de la jalousie.


samedi 28 janvier 2012

"L'américain", de Franz-Olivier Giesbert.

Décidément, je fais dans l'autobiographie, en ce moment ! Après "Life" de Keith Richards, voici "L'américain", de Franz-Olivier Giesbert. Un livre dans lequel FOG parle de son enfance en Normandie. Franz-Olivier Giesbert est un romancier, journaliste, présentateur de télévision français né en 1949 aux États-Unis. Il est l’auteur d'une douzaine de  romans.

"L'américain", c'est le surnom de son père, américain dont les parents sont d'origine allemande. Le père de FOG débarque donc en Normandie en 1944. Il est très marqué pas les atrocités qu'il voit pendant le débarquement, et ressentira toute sa vie une culpabilité d'en être sorti vivant alors plusieurs de ses compagnons de combat sont morts. C'est évidemment suite au débarquement qu'il va rencontrer sa future femme. Traumatisé par son expérience de la guerre, il reporte sur les autres son mal-être en battant femme et enfant. FOG nous conte donc son enfance marquée par la haine qu'il développe pour son père à qui, même lorsque celui-ci sera repentant et affaibli, il ne pardonnera jamais. On apprend entre autres que le petit Franz-Olivier a été victime d'un viol. Mais aussi qu'avec le recul il pense avoir eu une enfance plutôt heureuse et que son seul regret restera de ne pas avoir eu un geste pour son père au moment où celui-ci lui tendait la main.

mercredi 25 janvier 2012

"Life", de Keith Richards.

Ça, c'est forcément un événement. "Life", c'est l'autobiographie de Keith Richards, le guitariste et membre fondateur des Rolling Stones. C'est également la première et unique biographie ou autobiographie que j'ai lue, ce style de livre ne m'ayant jamais vraiment attiré. Mais là , c'est différent : quand j'ai vu la ganache du bonhomme sur la couverture, j'ai tout de suite acheté le bouquin. 

Keith Richards est né en 1943 à Dartford, une banlieue ouvrière à l'est de Londres. Il découvre la musique et la guitare grâce à son grand-père maternel. Il rencontre Mick Jagger, avec qui il avait été à l'école primaire,  sur le quai d'une gare et ils ne vont plus se quitter, créant les Rolling Stones en 1962. C'était il y a une demi-siècle, et depuis, des milliers de concerts, des millions de disques vendus, le succès mondial.

Ce livre est donc une autobiographie, mais Keith Richards ne l'a pas écrit seul, mais en collaboration avec James Fox, un journaliste britannique. Il est impossible de déterminer le degré de "collaboration" de James Fox, et donc de savoir s'il ne s'agit pas plutôt d'une biographie. Mais bon, tout est raconté à la première personne. 

lundi 23 janvier 2012

"La petite fille de Monsieur Linh", de Philippe Claudel.

Ça faisait déjà un petit bout de temps que j'avais ce livre dans ma pile à lire. J'aime beaucoup Philippe Claudel, mais le titre et le peu d'épaisseur du bouquin m'ont fait repousser le moment de l'ouvrir. J'avais beaucoup aimé "Le rapport Brodeck" et surtout "Les âmes grises". Tous les livres de Philippe Claudel sont des best-sellers et traduits en de nombreuses langues. Il a publié dix romans, des recueils de nouvelles, a obtenu plusieurs prix littéraires dont le Renaudot pour "Les âmes grises" et a réalisé deux films dont "Il y a longtemps que je t'aime" pour lequel il a obtenu le César du meilleur premier film.

"La petite fille de Monsieur Linh" est un roman court. Très très court : 150 pages, écrites en très très gros, avec de très très gros interlignes. On est à la croisée du roman et de la nouvelle. Ce roman à la troisième personne raconte l'histoire de Monsieur Linh, qui a fui son pays en guerre, après avoir perdu son fils et sa femme suite à l'explosion d'une bombe dans une rizière. Monsieur Linh n'est pas seul : il tient dans les bras Sang Diû, sa petite fille de dix mois, mystérieusement rescapée dans l'explosion. Le narrateur ne nous donne pas d'indication sur le pays d'accueil (ça pourrait être la France), ni sur le pays d'origine de Monsieur Linh ( le Vietnam ?), ni sur l'époque où l'on est. Monsieur Linh est pris en charge par un centre de réfugiés.


lundi 16 janvier 2012

"Slam", de Nick Hornby.

Après avoir été déçu par les deux derniers livres de Nick Hornby que j'ai lus, "A propos d'un gamin" et "31 songs", je suis assez dubitatif à l'idée d’apprécier à nouveau un bouquin de Nick Hornby, comme ça avait été le cas avec "Haute Fidélité" ou "La bonté : mode d'emploi", par exemple. Mais par la force de l'habitude, j'ai acheté celui-ci.

Nick Hornby est un écrivain britannique né en 1957 à Redhill. "Slam" est son sixième roman. C'est l'histoire d'un adolescent, Sam, quinze ans, passionné de skate board. Et plus particulièrement de Tony Hawk, un champion de skate board avec lequel il communique gràce à un poster géant dans sa chambre. De plus, Sam à l'impression de trouver toutes les réponses à ses problèmes dans la biographie de Tony Hawk : "Tony Hawk - Occupation : skate boarder". La maman de Sam a accouché à 16 ans et elle met régulièrement en garde Sam pour qu'il se protège et qu'il ne devienne pas père aussi jeune qu'elle. Sam fait la connaissance d'Alicia, une fille magnifique et, bien sûr, qu'arrive-t-il ? Bingo ! Il met Alicia enceinte. Là-dessus, sa mère tombe enceinte de son nouveau petit ami en même temps. Alicia refusant d'avorter, Sam doit se résigner à devenir papa, même si certains matins, il se réveille dans le futur (eh oui!) et ce qu'il voit sur la paternité lui fait peur.

jeudi 12 janvier 2012

"Le monde de Sophie", de Jostein Gaarder.

J'ai acheté ce livre il y a une quinzaine d'année. A l'époque, j’avais commencé à le lire et puis ça ne m'avait pas emballé du tout. En théorie, je n'arrête jamais un bouquin avant de l'avoir fini mais je n'étais pas fan de philosophie et je pensais le lire plus tard. Et puis je l'ai prêté. Et puis on ma l'a rendu il y a quelques temps. J'ai décidé de le lire pour finir ce que j'avais commencé il y a quinze ans. A l'époque, ce livre est un vrai succès d'édition. Paru en 1991 en Norvège, il a été vendu en plusieurs millions d'exemplaire dans plus de 50 pays. Il a été traduit en français seulement en 1995. Son auteur, Jostein Gaarder est né à Oslo en 1952. Il enseigne la philosophie et est l'auteur de neuf livres.

Vrai succès de librairie, donc, pour "Le monde de Sophie", qui est un roman philosophique. C'est l'histoire de Sophie Amundsen, une adolescente de 14 ans, qui découvre dans sa boite aux lettres des petites enveloppes contenants des questions essentielles ("qui es-tu" , "D'où vient le monde ?", "qu'est-ce qui est le plus important, dans la vie ?"...) et de grandes enveloppes jaunes contenant les réponses des philosophes à ces questions. Elle fait la connaissance de l'auteur de ces courrier, Alberto Knox. Mais bientôt, des nouveaux courriers envoyés par un Major Albert Knag à une adolescente nommée Hilde font leur apparition, et étrangement, tous sont datés au 15 juin 1990 et adressés à Hilde au bon soin de Sophie. Le 15 juin est aussi la date anniversaire de Sophie. De plus Sophie trouve des objets appartenant à Hilde...

lundi 9 janvier 2012

"Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux", de Kate Atkinson.

On est bien d'accord : si on ne regarde que le titre, le livre, on ne l'achète pas ! Ça pourrait être le titre d'un film de 1973 avec Henri Guybet, Jean Lefebvre et Guy Tréjean. Et ça ne serait pas gênant. Mais là, c'est la traduction du titre d'un roman de Kate Atkinson, alors c'est embêtant, d'autant que le titre original est " One Good Turn". Petit message personnel au traducteur ou à l'éditeur : si tu veux faire preuve de créativité, tu ne le traduit pas, le livre ; tu l'écris !

"Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux" (Gurp! Ça a du mal à passer), est le cinquième livre de Kate Atkinson, une écrivaine britannique née en 1951 à York. Diplomée de littérature, elle echouera à passer son doctorat. Elle cumule pleins de boulots ( institutrice, secrétaire juridique...) jusqu'à la publication de son premier roman en 1995, "Dans les coulisses du musée" qui a remporté de nombreux prix, dont celui du meilleur roman par le magazine Lire. Son site internet, en anglais, est ici

"Sale mec"

Hollande aurait dit de Sarkozy que c'est un sale mec devant des journalistes lors d'un déjeûner au restaurant. Whaou ! L'affaire du siècle ! La droite toute entière ( Morano en tête, c'est dire le niveau ) est outrée, oubliant les Chamallow, Babar et autres noms d'oiseaux dont ils ont affublé Hollande. Putain ! La France crève la dalle, y'a 5 millions de chômeurs, on va droit dans le mur et des membres du gouvernement passent trois jours à commenter un jugement somme toute bien gentil sur Sarkozy. J'invite le gouvernement et l'UMP à aller écouter ce qui se dit de Sarko dans la rue... Nadine Morano est rattachée au Ministère du travail. Il doit y avoir quelques piles de dossiers à régler sur son bureau, en ce moment ! Elle passe son temps à dire des conneries, à se faire moucher par des journalistes ou des comiques à la télé et à la radio.

Mais je me disperse. Je voulais m'arrêter sur cette histoire de "Sale mec" pour une autre raison. Tout le monde commente la conversation mais personne n'est choqué par le fait que les hommes politiques et les journalistes mangent ensemble au resto. Ça me semble pas très bon pour la démocratie et ça confirme ce que je pense depuis longtemps : on a quasiment plus de journalisme en France. Comment voulez-vous être un tant soit peu critique avec quelqu'un quand vous venez de descendre une bouteille de Chablis avec cette personne la veille ? Les journalistes sont devenus des attachés de presse. Quand on a un message à faire passer, on siffle un journaliste qui fera le messager. Les journaux font faillite les uns après les autres. La faute à qui ? Y'a rien à lire dans les journaux qui ne soit déjà en ligne. Plus d'enquêtes, plus d'investigation. Ça me rend malade de regarder un journal télévisé, surtout sur TF1 ou France 2 : la moitié est consacrée à la promotion de tel ou tel film, pièce de théatre, disque, concert...

vendredi 6 janvier 2012

"Ritournelle de la faim", de J.M.G Le Clezio.

Après 25 ans de lecture intensive, je me retrouve encore avec des auteurs importants que je n'ai pas encore lus. J.M.G (Jean-Marie Gustave !) Le Clezio fait partie de ceux-là. Ca ne pouvait plus durer ! Son œuvre est dense : plus de cinquante ouvrages à 71 ans. De multiples prix littéraires ont jalonné son parcours, dont le Nobel, le Renaudot, le prix de l'Académie Française. Je me suis lancé donc dans la lecture de "Ritournelle de la faim" avec gourmandise, mais aussi avec un peu d'appréhension. C'est souvent quand on attend beaucoup que l'on est déçu. 

"Ritournelle de la faim" nous conte l'histoire d'Ethel, une jeune adolescente d'origine mauricienne dans le Paris des années trente. Son grand-oncle, Samuel Soliman s'occupe beaucoup d'elle, l'emmène promener dans Paris, lui prodigue des conseils et fait d'elle son héritière. Mais Alexandre, le père d'Ethel, une grande gueule, décide de gérer l'héritage de sa fille. Entre placements désastreux, investissements dans des sociétés n’existant même pas, membres de lafamille à dépanner, amis intéresses, Alexandre niera pendant trop longtemps l'évidence, la famille cours à la ruine. Alors que se déclare la seconde guerre mondiale, Ethel décide de prendre les rênes de la famille. Mais il est trop tard. La famille part dans le sud où la faim va commencer à se faire sentir.

jeudi 5 janvier 2012

"Un patron modèle", de Seth greenland.

Dans mon article précédent, "La vie en sourdine", je disait à quel point la couverture du roman de David Lodge était moche. Et bien, là, pour "Un patron modèle", je ne sais même pas quoi dire ! Ça fait mal aux yeux tellement c'est vilain. On dirait une couverture de roman Harlequin... Si je n'avais pas lu l'excellent premier roman de Seth Greenland, "Mister Bones", il y a, à peu près, zéro pour cent de chance pour que j'achète celui-ci. Je n'avais jamais lu de livre aux éditions Liana Levi. Je suis allé faire un tour sur le site internet de cet éditeur pour voir si le mauvais goût avait été institué en règle et apparemment, il n'y a pas que des couvertures mièvres. 

Ce n'est pas que je focalise particulièrement sur la couverture mais il y a deux choses tout de même qui me font penser que le physique du livre est important : tout d'abord, un livre, ça coûte cher et donc on est en droit d'avoir un bel objet. Ensuite, la couverture, c'est l'emballage de l’œuvre. Donc, elle doit refléter le contenu au mieux. Quand je prends une barquette de lasagnes au rayon surgelés, je ne m'attends pas à manger des saucisses -lentilles. C'est compliqué de faire des choix, lorsque l'on est dans les rayons d'une librairie. La couverture du livre devrait à mon sens pouvoir nous aider.

mercredi 4 janvier 2012

"La vie en sourdine", de David Lodge.

Quelle couverture affreuse ! Je comprends que c'est certainement judicieux d'essayer de se faire remarquer dans les rayons d'une librairie, mais il y a peut-être des limites. J'ai quand même rarement vu un contenant aussi peu en rapport avec le contenu. D'autant que David Lodge n'a certainement pas besoin de ça pour être lu. Parce que Mr Lodge a une sacrée carrière derrière lui, avec une trentaine d'ouvrages dont une vingtaine de romans. C'est qu'il n'est plus tout jeune, l'artiste. Il est né en 1935 à Londres. Docteur en philosophie, il enseigne la littérature anglaise jusqu'en 1987, puis se consacre ensuite uniquement à l'écriture. Traduit très tardivement en français (1990), ses premières œuvres datent de 1960.

Comme très souvent dans les romans de David Lodge, l'action de "La vie ne sourdine" se déroule dans le milieu universitaire anglais. Le personnage principal, Desmond, professeur de linguistique, a décidé de prendre sa retraite avec un petit peu d'avance quand l'occasion se présente à lui, suite à la réorganisation du département dont il dépend. Il faut dire que Desmond souffre d'un handicap de plus en plus gênant : Il n'entend presque plus rien. Il n'est pas complètement sourd mais un appareil auditif est tout de même nécessaire. Et depuis quelques temps, il se retrouve de plus en plus souvent dans des situations désagréables en voulant essayer de cacher aux autres son handicap. Comme à cette réception où une magnifique jeune femme vient lui parler. Les appareils auditifs ayant beaucoup de mal à faire la différence entre une discussion et un brouhaha général, Desmond ne comprendra absolument rien de ce qu'elle lui dit.

lundi 2 janvier 2012

"Sous le règne de Bone", de Russel Banks.

Petit à petit, je continue de découvrir l’œuvre de Russel Banks, assurément un grand de la littérature américaine. Après "Hamilton Stark" que j'avais trouvé plûtot moyen, "De beaux lendemain", que j'avais aimé et "Affliction", que j'avais trouvé particulièrement excellent, voici donc "Sous le règne de Bone", considéré par beaucoup comme un roman majeur de l’œuvre de ce romancier. Russel Banks est né en 1940 dans le Massachusetts. Il est l'auteur de 16 romans ou recueils de nouvelles. "Sous le règne de Bone" a paru en 1996 et beaucoup de critiques à l'époque ont comparé ce roman avec le "Huckleberry Finn" de Mark Twain.

L'histoire, c'est Chappie qui la raconte. Chappie est un adolescent américain de quatorze ans pour qui rien ne va plus : il ne va quasiment plus à l'école, fume de plus en plus d'herbe, vole de l'argent notamment à ses parents pour se la payer. Qui plus est, son beau-père est violent et a des tendances pédophile. Il quitte donc le domicile familial et se met à naviguer de squat en squat, en compagnie de son ami Russ. Présumé mort après l'incendie d'un squat qu'il partageait avec des bikers marginaux, Chappie va renaitre sous le nom de Bone (Os en anglais, dû à un tatouage qu'il a). Après de multiples aventures, Bone va faire une rencontre essentielle : I.man, un vieux rastafari qui va devenir son guide le conduire à la Jamaïque où il va essayer de retrouver son vrai père.

vendredi 30 décembre 2011

"Précis de médecine imaginaire", d'Emmanuel Venet.

Ce "précis de médecine imaginaire", j'ai eu envie de le lire en voyant quelques articles de presse en parler et en observant avec bienveillance que son auteur était lyonnais. Mais, point de chauvinisme ! Je me le suis donc procuré. Emmanuel Venet est donc né dans l'ancienne capitale des Gaules en 1959. Il est psychiatre.

Dans ce livre, Emmanuel nous fait une peinture quelque peu tendre et nostalgiques de toutes sortes de maladies que nous avons pu avoir dans l'enfance ou de celles, plus graves dont on entendait parler à voix basse. Mais aussi des remèdes, des mythologies liées à ces maladies. Cela se présente donc comme un recueil de nouvelles douces-amères, un dictionnaires de maladies qui ne nous donne pas la définition scientifique ou médicale, mais plutôt la représentation que l'on s'en fait au niveau affectif.

"La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler", de Michel Folco.

La sortie d'un livre de Michel Folco est toujours pour moi un  petit évènement pour deux raisons : tout d'abord parce qu'en moyenne, il sort un livre tous  les 5 ans, et ensuite parce qu'il est l'auteur d'un des livres que j'ai le plus aimé et que j'ai déjà relu au moins trois fois : "Dieu et nous seuls pouvons : Les Très-Edifiants et Très-Inopinés mémoires des Pibrac de Bellerocaille. Huit générations d'exécuteurs" qui a été adapté de façon malheureuse au cinéma par Christian Fechner sous le titre " Justinien Trouvé ou le Batard de Dieu". Donc, une grande attente, surtout que son précédent roman, "Même le mal se fait bien" était particulièrement réussi. Michel Folco est né en 1943 à Albi.

Là, pour "La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler", Michel Folco se lance dans un projet ambitieux : conter la genèse, la jeunesse et l'adolescence d'Adolf Hitler. Je dis "ambitieux" parce que plusieurs écrivains se sont déjà essayé à ce sujet et surtout parce que Michel Folco a une écriture plutôt drôle et truculente, ce qui parait pour le moins en contradiction avec le sujet.

Comme souvent dans les romans de Michel Folco, il y a un savant mélange de réalité historique et de fiction. Tout sur les origines quelques peu confuses d'Hitler, sur son histoire, sur certaines de ses rencontres sont véridiques. Par contre, certaines situations, certains personnages et les dialogues sont, eux, directement issus des circonvolutions du cerveau de Folco


mercredi 28 décembre 2011

"La Femme de hasard", de Jonathan Coe.

J'ai toujours eu de l'admiration pour les éditeurs qui dénichent de nouveaux talents. Et il faut bien reconnaître que des fois, il faut sacrément avoir du flair. Autant celui qui a découvert john Irving en lisant "Liberté pour les ours !" a eu un petit boulot bien pépère, autant celui qui a décelé un futur grand de la littérature anglaise en lisant "La femme de hasard" doit être un descendant d'Elisabeth Teyssier de Nostradamus

Car talentueux, Jonathan Coe, auteur britannique de 50 ans l'est assurément. Son deuxième roman, "Une touche d'amour", commencera à le démontrer. Mais c'est avec son quatrième roman, "testament à l'anglaise" que Coe entrera dans la cour des grands. Donc, encore bravo donc pour la personne qui a découvert Jonathan Coe ( et bonne chance, il en faut !).

lundi 26 décembre 2011

"Jack l'épate et Mary pleine de grâce", de Joseph Connolly.

En voyant la photo de Joseph Connoly, un peu plus bas sur cette page, vous serez certainement saisis par ce physique complètement décalé et hors-normes. Et il se pourrait bien que le même état de surprise ne vous submerge en ouvrant l'un de ses romans. 

Joseph Connolly est un écrivain britannique né en 1950. Il est l'auteur d'une dizaine de romans. Il a longtemps été libraire avant de devenir romancier à plein temps. Un peu plus connu en France depuis que Michel Blanc a adapté son roman "Vacances anglaises" au cinéma sous le titre " Embrassez qui vous voudrez", chacun de ses romans est un best-seller.

Il est pour moi typiquement le genre d'écrivain qui se bonifie avec le temps. Alors que nombre d'auteurs n'ont plus rien à raconter après leur premier roman, on sent que chez Connoly, l’écriture est un long apprentissage et que ce sont ses "petits romans" du début qui lui on permis d'apprendre à maitriser l'art d’écrire et d'affiner son style propre. Car Joseph Connolly a un style reconnaissable entre tous. Ses romans se racontent la plupart du temps à la première personne, à ceci près que le narrateur ne narre pas : il pense. En effet, c'est comme ci l'on se retrouvait dans le crane des personnages. Et cela donne un style vif et ironique, ça permet de mieux comprendre la psychologie des personnages. Si ses premiers romans ont souvent été considérés comme "juste" des romans humoristiques, ce que l'auteur, amateur de Tom Sharp et de P.G Wodehouse ne renie pas, ils ont toujours une part de critique de la société. Et puis au fil du temps, l'écriture s'est affinée, la psychologie des personnages s'est développée, les thèmes sont de plus en plus sérieux. Son roman précédent, "L'amour est une chose étrange" marquait déjà très nettement cette évolution.

"Dans le café de la jeunesse perdue", de Patrick Modiano

Il est des auteurs dont on entend souvent parler, et dont on a un peu honte de n'avoir rien lu. C'était le cas de Patrick Modiano pour moi. Au cours de sa "carrière", Modiano a écrit une vingtaine de roman, raflé une flopée de prix littéraires et pourtant, je ne sais pas pourquoi, il ne m'inspirait pas. J'ai tout de même voulu remédié à ça et donc, je me suis lancé.

"Dans le café de la jeunesse perdue" a paru en 2007. Patrick Modiano y dépeint le portrait d'une jeune femme, Jacqueline Delanque, alias Louki, qui se retrouve chaque soir parmi les habitués du Condé, un café où se réunit chaque jour une jeunesse littéraire et bohème. L'histoire est contée par quatre narrateurs successifs qui vont dévoiler chacun une facette de la personnalité de Louki. Tout d'abord un étudiant des Mines, habitué du Condé qui va décrire certaines de ses apparitions au café. Le deuxième narrateur, Caisley, est un détective, ancien des RG. Il a été chargé par le mari de Louki, un patron d'agence immobilière, de retrouver celle-ci. Caisley  va nous en dire un peu plus sur la vie de Louki a travers l’enquête qu'il a mené pour la retrouver. Ensuite, Louki elle même prend la parole. Louki va nous en dire un peu plus sur son enfance. Et enfin, la dernière voix est celle de Roland, un amant ayant partagé quelque temps la vie de Louki et avec qui il forme un couple sans attaches, sans passé ni futur. Chacun des narrateurs nous présente Louki sous un angle différent dans ce Paris de début des années 60. Et chaque fragment de son histoire nous permet de déchiffrer les raisons pour lesquelles Louki commet un acte définitif.

mardi 20 décembre 2011

"Les femmes" de T.C Boyle.

T.C Boyle fait partie des auteurs que j'adore et dont je me réserve la lecture pour mes vacances d'été. Un bouquin de T.C Boyle, c'est bien, mais un bouquin de T.C Boyle sur une terrasse au soleil avec un verre de rosé-pamplemousse, c'est encore mieux.

Tom Coraghessan Boyle est un écrivain américain ayant déjà une vingtaine de romans et recueils de nouvelles à son actif. Atypique, il cultive une attitude très rock 'n' roll. Il est professeur de littérature et est très proche de son lectorat. Il fait beaucoup de lectures publiques et converse avec ses lecteurs par le biais du forum de son site internet. Beaucoup de ses romans sont des best-sellers et à titre personnel, je classerais  "Au bout du monde", dans mon Top 20 de tous les temps. Ses romans sont souvent basé sur des thèmes très serieux ( immigration, pauvreté, écologie, usurpation d'identité...) mais traités avec beaucoup d'ironie.

lundi 19 décembre 2011

"Absurdistan", de Gary Shteyngart

Voici un auteur que je ne connaissais pas. Gary Shteyngart est un auteur américain né à St Petersbourg ( et oui !) en 1972. "Absurdistan" est son deuxième roman. Le personnage principal, Micha est le fils d'un défunt baron de la mafia russe. Micha à fait ses études aux Etats-Unis mais les activités de son papa, accusé de meurtre, l’empêchent d'y retourner. Micha traine donc son ennui en Russie entre fainéantise, repas gargantuesques, soirées alcoolisées. Plutôt couard, lâche et geignard, Micha aimerait retourner aux Etats-unis, surtout que Rouenna est restée là-bas. Ex-prostituée qu'il entretien, celle-ci a de plus une relation avec son professeur d'atelier d’écriture. Micha décide donc de retourner aux Etats-unis et pour cela, il doit changer de nationalité. Il passera donc par la Belgique, où des nouveaux papiers l'attendront. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et Micha va se retrouver en Absurdistan, une république du Caucase créée de toutes pièces par des multinationales du pétrole. Et va même être enrôlé dans une guerre civile.

"Polichinelle" de Pierric Bailly.

A la sortie de "Polichinelle", je ne me rappelle plus exactement si j'avais entendu Pierric Bailly parler de son roman ou si c'était une tierce personne qui en parlait, mais toujours est-il que je m'étais dit qu'il faudra que je le lise un jour. A l'époque tout le monde faisait de ce roman UN des livres de la rentrée. Et donc je l'avais noté dans ma liste de livre à acheter. Bon, c'est fait ! Malheureusement...

Pierric Bailly est un jeune écrivain français et "Polichinelle" est son premier roman. L'action ( le terme "action" est peut-être un peu fort ) se déroule dans le Jura. Une bande de jeunes désabusés passe un été entre alcool, musique, joints et bagarre avec une bande rivale dans une petite ville ( Bon, voilà pour le volet action du roman ! ). Pas de quoi sauter au plafond, à priori. Mais, alors, me direz-vous, pourquoi a-t-on tant parlé de ce livre à sa sortie ? Et bien c'est parce que le ton du livre, lui, a quelque chose de particulier. C'est un écriture très vivante : ça fuse, ça rappe, ça déroute, ça invente des expression, ça utilise de l'argot, ça déménage... Alors certes le style de ce roman est peu commun et mérite de l'attention. C'est un bon début diront certains. Mais quoi d'autre ?

Pas grand chose, malheureusement.  Le style est alerte mais devient lassant à la longue, surtout qu'il n'est au service de rien du tout. On retombe dans ce qui est pour moi le plus gros défaut de la littérature française : le regardage de nombril ( ou branlage de nouille ).

"Orages ordinaires" de William Boyd.

Je reprends un peu mon blog après quelques mois d'absence en parlant du livre d'un auteur que j'apprécie depuis longtemps. William Boyd est un écrivain britannique de 29 ans ayant à son actif une dizaine de romans et cinq recueils de nouvelles. Il est également scénariste et même réalisateur, ce qui explique qui soit relativement peu prolifique au niveau des oeuvres littéraires : un roman tous les 3 ou 4 ans. "Orages ordinaires" est son dernier roman et, chose surprenante, c'est un roman policier.

Le personnage principal, Adam Kindred est un jeune climatologue. Son avenir va basculer suite à une série d'évènements plus ou moins crédibles. Il va se retrouver sur une scène de meurtre et ne pouvant justifier de son innocence, il va choisir de fuir et de rentrer dans la clandestinité. Son objectif : pouvoir prendre du recul, et chercher à prouver son innocence. Il va devoir apprendre à vivre avec rien, en devenant invisible dans le Londres des bas-fonds. Il descend très bas, se clochardise, et va devoir progressivement remonter la pente. Mais le chemin sera long : il doit échapper à la police et aux véritable meurtriers, déjouer un complot ourdi par de puissantes firmes pharmaceutiques...