samedi 28 janvier 2012

"L'américain", de Franz-Olivier Giesbert.

Décidément, je fais dans l'autobiographie, en ce moment ! Après "Life" de Keith Richards, voici "L'américain", de Franz-Olivier Giesbert. Un livre dans lequel FOG parle de son enfance en Normandie. Franz-Olivier Giesbert est un romancier, journaliste, présentateur de télévision français né en 1949 aux États-Unis. Il est l’auteur d'une douzaine de  romans.

"L'américain", c'est le surnom de son père, américain dont les parents sont d'origine allemande. Le père de FOG débarque donc en Normandie en 1944. Il est très marqué pas les atrocités qu'il voit pendant le débarquement, et ressentira toute sa vie une culpabilité d'en être sorti vivant alors plusieurs de ses compagnons de combat sont morts. C'est évidemment suite au débarquement qu'il va rencontrer sa future femme. Traumatisé par son expérience de la guerre, il reporte sur les autres son mal-être en battant femme et enfant. FOG nous conte donc son enfance marquée par la haine qu'il développe pour son père à qui, même lorsque celui-ci sera repentant et affaibli, il ne pardonnera jamais. On apprend entre autres que le petit Franz-Olivier a été victime d'un viol. Mais aussi qu'avec le recul il pense avoir eu une enfance plutôt heureuse et que son seul regret restera de ne pas avoir eu un geste pour son père au moment où celui-ci lui tendait la main.

mercredi 25 janvier 2012

"Life", de Keith Richards.

Ça, c'est forcément un événement. "Life", c'est l'autobiographie de Keith Richards, le guitariste et membre fondateur des Rolling Stones. C'est également la première et unique biographie ou autobiographie que j'ai lue, ce style de livre ne m'ayant jamais vraiment attiré. Mais là , c'est différent : quand j'ai vu la ganache du bonhomme sur la couverture, j'ai tout de suite acheté le bouquin. 

Keith Richards est né en 1943 à Dartford, une banlieue ouvrière à l'est de Londres. Il découvre la musique et la guitare grâce à son grand-père maternel. Il rencontre Mick Jagger, avec qui il avait été à l'école primaire,  sur le quai d'une gare et ils ne vont plus se quitter, créant les Rolling Stones en 1962. C'était il y a une demi-siècle, et depuis, des milliers de concerts, des millions de disques vendus, le succès mondial.

Ce livre est donc une autobiographie, mais Keith Richards ne l'a pas écrit seul, mais en collaboration avec James Fox, un journaliste britannique. Il est impossible de déterminer le degré de "collaboration" de James Fox, et donc de savoir s'il ne s'agit pas plutôt d'une biographie. Mais bon, tout est raconté à la première personne. 


Le livre commence très fort avec l'incident de Fordyce, un bled paumé dans le sud des Etats-Unis où  Keith Richards est arrêté en compagnie de Ron Wood ( l'autre guitariste des Stones) à bord d'une Impala jaune remplie jusqu'aux oreilles de stupéfiants. Ensuite retour en arrière, on retrouve le petit Keith dans les jupons de sa maman et on va suivre son enfance, son adolescence, les débuts difficiles dans la musique, les premiers concerts des Rolling Stones devant 15 personnes.

lundi 23 janvier 2012

"La petite fille de Monsieur Linh", de Philippe Claudel.

Ça faisait déjà un petit bout de temps que j'avais ce livre dans ma pile à lire. J'aime beaucoup Philippe Claudel, mais le titre et le peu d'épaisseur du bouquin m'ont fait repousser le moment de l'ouvrir. J'avais beaucoup aimé "Le rapport Brodeck" et surtout "Les âmes grises". Tous les livres de Philippe Claudel sont des best-sellers et traduits en de nombreuses langues. Il a publié dix romans, des recueils de nouvelles, a obtenu plusieurs prix littéraires dont le Renaudot pour "Les âmes grises" et a réalisé deux films dont "Il y a longtemps que je t'aime" pour lequel il a obtenu le César du meilleur premier film.

"La petite fille de Monsieur Linh" est un roman court. Très très court : 150 pages, écrites en très très gros, avec de très très gros interlignes. On est à la croisée du roman et de la nouvelle. Ce roman à la troisième personne raconte l'histoire de Monsieur Linh, qui a fui son pays en guerre, après avoir perdu son fils et sa femme suite à l'explosion d'une bombe dans une rizière. Monsieur Linh n'est pas seul : il tient dans les bras Sang Diû, sa petite fille de dix mois, mystérieusement rescapée dans l'explosion. Le narrateur ne nous donne pas d'indication sur le pays d'accueil (ça pourrait être la France), ni sur le pays d'origine de Monsieur Linh ( le Vietnam ?), ni sur l'époque où l'on est. Monsieur Linh est pris en charge par un centre de réfugiés.


lundi 16 janvier 2012

"Slam", de Nick Hornby.

Après avoir été déçu par les deux derniers livres de Nick Hornby que j'ai lus, "A propos d'un gamin" et "31 songs", je suis assez dubitatif à l'idée d’apprécier à nouveau un bouquin de Nick Hornby, comme ça avait été le cas avec "Haute Fidélité" ou "La bonté : mode d'emploi", par exemple. Mais par la force de l'habitude, j'ai acheté celui-ci.

Nick Hornby est un écrivain britannique né en 1957 à Redhill. "Slam" est son sixième roman. C'est l'histoire d'un adolescent, Sam, quinze ans, passionné de skate board. Et plus particulièrement de Tony Hawk, un champion de skate board avec lequel il communique gràce à un poster géant dans sa chambre. De plus, Sam à l'impression de trouver toutes les réponses à ses problèmes dans la biographie de Tony Hawk : "Tony Hawk - Occupation : skate boarder". La maman de Sam a accouché à 16 ans et elle met régulièrement en garde Sam pour qu'il se protège et qu'il ne devienne pas père aussi jeune qu'elle. Sam fait la connaissance d'Alicia, une fille magnifique et, bien sûr, qu'arrive-t-il ? Bingo ! Il met Alicia enceinte. Là-dessus, sa mère tombe enceinte de son nouveau petit ami en même temps. Alicia refusant d'avorter, Sam doit se résigner à devenir papa, même si certains matins, il se réveille dans le futur (eh oui!) et ce qu'il voit sur la paternité lui fait peur.

jeudi 12 janvier 2012

"Le monde de Sophie", de Jostein Gaarder.

J'ai acheté ce livre il y a une quinzaine d'année. A l'époque, j’avais commencé à le lire et puis ça ne m'avait pas emballé du tout. En théorie, je n'arrête jamais un bouquin avant de l'avoir fini mais je n'étais pas fan de philosophie et je pensais le lire plus tard. Et puis je l'ai prêté. Et puis on ma l'a rendu il y a quelques temps. J'ai décidé de le lire pour finir ce que j'avais commencé il y a quinze ans. A l'époque, ce livre est un vrai succès d'édition. Paru en 1991 en Norvège, il a été vendu en plusieurs millions d'exemplaire dans plus de 50 pays. Il a été traduit en français seulement en 1995. Son auteur, Jostein Gaarder est né à Oslo en 1952. Il enseigne la philosophie et est l'auteur de neuf livres.

Vrai succès de librairie, donc, pour "Le monde de Sophie", qui est un roman philosophique. C'est l'histoire de Sophie Amundsen, une adolescente de 14 ans, qui découvre dans sa boite aux lettres des petites enveloppes contenants des questions essentielles ("qui es-tu" , "D'où vient le monde ?", "qu'est-ce qui est le plus important, dans la vie ?"...) et de grandes enveloppes jaunes contenant les réponses des philosophes à ces questions. Elle fait la connaissance de l'auteur de ces courrier, Alberto Knox. Mais bientôt, des nouveaux courriers envoyés par un Major Albert Knag à une adolescente nommée Hilde font leur apparition, et étrangement, tous sont datés au 15 juin 1990 et adressés à Hilde au bon soin de Sophie. Le 15 juin est aussi la date anniversaire de Sophie. De plus Sophie trouve des objets appartenant à Hilde...

Ce livre est une sorte de mélange entre une introduction à la philosophie et un roman. En effet, Sophie découvre grâce à Alberto Knox tous les courants de la philosophie, sous forme de cours depuis Socrate jusqu'à Sartre. Mais les cours sont distillés selon une intrigue et envahissent la vie de Sophie.

Il y a eu beaucoup de critiques assez vives sur ce livre, comme c'est systématiquement le cas pour toute œuvre qui rencontre le succès commercial. Pour ma part, j'ai trouvé que c'était un excellent moyen d'aborder la philosophie, de manière très superficielle, certes, mais de façon ludique. Je sais bien que tout est survolé, qu'il y a quelques oublis (Nietsche), mais il faut avouer que ce livre joue son rôle : faire naître quelque intérêt pour la philosophie  à des personnes qui y étaient complètement réfractaires. 

lundi 9 janvier 2012

"Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux", de Kate Atkinson.

On est bien d'accord : si on ne regarde que le titre, le livre, on ne l'achète pas ! Ça pourrait être le titre d'un film de 1973 avec Henri Guybet, Jean Lefebvre et Guy Tréjean. Et ça ne serait pas gênant. Mais là, c'est la traduction du titre d'un roman de Kate Atkinson, alors c'est embêtant, d'autant que le titre original est " One Good Turn". Petit message personnel au traducteur ou à l'éditeur : si tu veux faire preuve de créativité, tu ne le traduit pas, le livre ; tu l'écris !

"Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux" (Gurp! Ça a du mal à passer), est le cinquième livre de Kate Atkinson, une écrivaine britannique née en 1951 à York. Diplomée de littérature, elle echouera à passer son doctorat. Elle cumule pleins de boulots ( institutrice, secrétaire juridique...) jusqu'à la publication de son premier roman en 1995, "Dans les coulisses du musée" qui a remporté de nombreux prix, dont celui du meilleur roman par le magazine Lire. Son site internet, en anglais, est ici

Dans ce roman, on retrouve le détective Jackson Brodie, que l'on avais déjà croisé dans son roman précédent, "La souris bleue". Il est témoin d'un accident de voiture sans gravité mais où l'un des conducteur sort et se met à taper sur l'autre avec 1) une batte de baseball et 2) une rare violence. Le scène se passe à Edimbourg, lors du festival de théatre, auquel participe la compagne de Jackson, Julia. Cet accident va être pour lui et pour Martin, un autre témoin de la scène, le début d'une histoire à multiples rebondissements. Vont se croiser un molosse, une étrange entreprise de nettoyage, une prostituée, un écrivain à succès, un comique sur le déclin, une policière charmante et la femme d'un agent immobilier qui découvre la vie de femme seule. Parallèlement à l'intrigue policière, Jackson commence à avoir des doutes sur l'amour et la fidélité de sa compagne.

"Sale mec"

Hollande aurait dit de Sarkozy que c'est un sale mec devant des journalistes lors d'un déjeûner au restaurant. Whaou ! L'affaire du siècle ! La droite toute entière ( Morano en tête, c'est dire le niveau ) est outrée, oubliant les Chamallow, Babar et autres noms d'oiseaux dont ils ont affublé Hollande. Putain ! La France crève la dalle, y'a 5 millions de chômeurs, on va droit dans le mur et des membres du gouvernement passent trois jours à commenter un jugement somme toute bien gentil sur Sarkozy. J'invite le gouvernement et l'UMP à aller écouter ce qui se dit de Sarko dans la rue... Nadine Morano est rattachée au Ministère du travail. Il doit y avoir quelques piles de dossiers à régler sur son bureau, en ce moment ! Elle passe son temps à dire des conneries, à se faire moucher par des journalistes ou des comiques à la télé et à la radio.

Mais je me disperse. Je voulais m'arrêter sur cette histoire de "Sale mec" pour une autre raison. Tout le monde commente la conversation mais personne n'est choqué par le fait que les hommes politiques et les journalistes mangent ensemble au resto. Ça me semble pas très bon pour la démocratie et ça confirme ce que je pense depuis longtemps : on a quasiment plus de journalisme en France. Comment voulez-vous être un tant soit peu critique avec quelqu'un quand vous venez de descendre une bouteille de Chablis avec cette personne la veille ? Les journalistes sont devenus des attachés de presse. Quand on a un message à faire passer, on siffle un journaliste qui fera le messager. Les journaux font faillite les uns après les autres. La faute à qui ? Y'a rien à lire dans les journaux qui ne soit déjà en ligne. Plus d'enquêtes, plus d'investigation. Ça me rend malade de regarder un journal télévisé, surtout sur TF1 ou France 2 : la moitié est consacrée à la promotion de tel ou tel film, pièce de théatre, disque, concert...

Bref, j'ai bien l’impression qu'on nous prend pour des cons. Hollande veut qu'on parle un peu de lui. Un petit repas au resto avec des journalistes pas trop regardants sur la déontologie. Y'en a bien un dans le lot qui dira ce qu'il s'est dit en "off" pour pouvoir vendre quelques exemplaires de plus de son canard sans trop se fatiguer la couenne. Le tour est joué.

Moi, ça me gêne, que la presse ne soit pas plus indépendante. Et dernière chose : qui a payé le repas ?

vendredi 6 janvier 2012

"Ritournelle de la faim", de J.M.G Le Clezio.

Après 25 ans de lecture intensive, je me retrouve encore avec des auteurs importants que je n'ai pas encore lus. J.M.G (Jean-Marie Gustave !) Le Clezio fait partie de ceux-là. Ca ne pouvait plus durer ! Son œuvre est dense : plus de cinquante ouvrages à 71 ans. De multiples prix littéraires ont jalonné son parcours, dont le Nobel, le Renaudot, le prix de l'Académie Française. Je me suis lancé donc dans la lecture de "Ritournelle de la faim" avec gourmandise, mais aussi avec un peu d'appréhension. C'est souvent quand on attend beaucoup que l'on est déçu. 

"Ritournelle de la faim" nous conte l'histoire d'Ethel, une jeune adolescente d'origine mauricienne dans le Paris des années trente. Son grand-oncle, Samuel Soliman s'occupe beaucoup d'elle, l'emmène promener dans Paris, lui prodigue des conseils et fait d'elle son héritière. Mais Alexandre, le père d'Ethel, une grande gueule, décide de gérer l'héritage de sa fille. Entre placements désastreux, investissements dans des sociétés n’existant même pas, membres de lafamille à dépanner, amis intéresses, Alexandre niera pendant trop longtemps l'évidence, la famille cours à la ruine. Alors que se déclare la seconde guerre mondiale, Ethel décide de prendre les rênes de la famille. Mais il est trop tard. La famille part dans le sud où la faim va commencer à se faire sentir.

jeudi 5 janvier 2012

"Un patron modèle", de Seth greenland.

Dans mon article précédent, "La vie en sourdine", je disait à quel point la couverture du roman de David Lodge était moche. Et bien, là, pour "Un patron modèle", je ne sais même pas quoi dire ! Ça fait mal aux yeux tellement c'est vilain. On dirait une couverture de roman Harlequin... Si je n'avais pas lu l'excellent premier roman de Seth Greenland, "Mister Bones", il y a, à peu près, zéro pour cent de chance pour que j'achète celui-ci. Je n'avais jamais lu de livre aux éditions Liana Levi. Je suis allé faire un tour sur le site internet de cet éditeur pour voir si le mauvais goût avait été institué en règle et apparemment, il n'y a pas que des couvertures mièvres. 

Ce n'est pas que je focalise particulièrement sur la couverture mais il y a deux choses tout de même qui me font penser que le physique du livre est important : tout d'abord, un livre, ça coûte cher et donc on est en droit d'avoir un bel objet. Ensuite, la couverture, c'est l'emballage de l’œuvre. Donc, elle doit refléter le contenu au mieux. Quand je prends une barquette de lasagnes au rayon surgelés, je ne m'attends pas à manger des saucisses -lentilles. C'est compliqué de faire des choix, lorsque l'on est dans les rayons d'une librairie. La couverture du livre devrait à mon sens pouvoir nous aider.

Mais revenons au roman en lui-même. "Un patron modèle", est le deuxième roman de Seth Greenland, qui en a écrit un troisième il y a peu. Je vais éviter de me poser des questions sur les étranges raisons  qui ont pu amener un traducteur à intituler "Un patron modèle" un roman dont le titre original est "Shining City". On est pas là pour critiquer...


mercredi 4 janvier 2012

"La vie en sourdine", de David Lodge.

Quelle couverture affreuse ! Je comprends que c'est certainement judicieux d'essayer de se faire remarquer dans les rayons d'une librairie, mais il y a peut-être des limites. J'ai quand même rarement vu un contenant aussi peu en rapport avec le contenu. D'autant que David Lodge n'a certainement pas besoin de ça pour être lu. Parce que Mr Lodge a une sacrée carrière derrière lui, avec une trentaine d'ouvrages dont une vingtaine de romans. C'est qu'il n'est plus tout jeune, l'artiste. Il est né en 1935 à Londres. Docteur en philosophie, il enseigne la littérature anglaise jusqu'en 1987, puis se consacre ensuite uniquement à l'écriture. Traduit très tardivement en français (1990), ses premières œuvres datent de 1960.

Comme très souvent dans les romans de David Lodge, l'action de "La vie ne sourdine" se déroule dans le milieu universitaire anglais. Le personnage principal, Desmond, professeur de linguistique, a décidé de prendre sa retraite avec un petit peu d'avance quand l'occasion se présente à lui, suite à la réorganisation du département dont il dépend. Il faut dire que Desmond souffre d'un handicap de plus en plus gênant : Il n'entend presque plus rien. Il n'est pas complètement sourd mais un appareil auditif est tout de même nécessaire. Et depuis quelques temps, il se retrouve de plus en plus souvent dans des situations désagréables en voulant essayer de cacher aux autres son handicap. Comme à cette réception où une magnifique jeune femme vient lui parler. Les appareils auditifs ayant beaucoup de mal à faire la différence entre une discussion et un brouhaha général, Desmond ne comprendra absolument rien de ce qu'elle lui dit.

En découle une série de quiproquos. Cette jeune fille lui a proposé en fait de diriger sa thèse, alors qu'elle a déjà un directeur de thèse qui va mettre Desmond en garde contre le coté mythomane et nymphomane de cette charmante étudiante. Parallèlement à ça, Desmond doit faire face à l'ennui de ne plus travailler, au sentiment d'inutilité, à son père, à moitié sourd également et qui refuse d'admettre qu'il lui faudrait aller en maison de retraite, à la tension avec son épouse, toujours en activité et dont les affaires sont florissantes...

lundi 2 janvier 2012

"Sous le règne de Bone", de Russel Banks.

Petit à petit, je continue de découvrir l’œuvre de Russel Banks, assurément un grand de la littérature américaine. Après "Hamilton Stark" que j'avais trouvé plûtot moyen, "De beaux lendemain", que j'avais aimé et "Affliction", que j'avais trouvé particulièrement excellent, voici donc "Sous le règne de Bone", considéré par beaucoup comme un roman majeur de l’œuvre de ce romancier. Russel Banks est né en 1940 dans le Massachusetts. Il est l'auteur de 16 romans ou recueils de nouvelles. "Sous le règne de Bone" a paru en 1996 et beaucoup de critiques à l'époque ont comparé ce roman avec le "Huckleberry Finn" de Mark Twain.

L'histoire, c'est Chappie qui la raconte. Chappie est un adolescent américain de quatorze ans pour qui rien ne va plus : il ne va quasiment plus à l'école, fume de plus en plus d'herbe, vole de l'argent notamment à ses parents pour se la payer. Qui plus est, son beau-père est violent et a des tendances pédophile. Il quitte donc le domicile familial et se met à naviguer de squat en squat, en compagnie de son ami Russ. Présumé mort après l'incendie d'un squat qu'il partageait avec des bikers marginaux, Chappie va renaitre sous le nom de Bone (Os en anglais, dû à un tatouage qu'il a). Après de multiples aventures, Bone va faire une rencontre essentielle : I.man, un vieux rastafari qui va devenir son guide le conduire à la Jamaïque où il va essayer de retrouver son vrai père.

vendredi 30 décembre 2011

"Précis de médecine imaginaire", d'Emmanuel Venet.

Ce "précis de médecine imaginaire", j'ai eu envie de le lire en voyant quelques articles de presse en parler et en observant avec bienveillance que son auteur était lyonnais. Mais, point de chauvinisme ! Je me le suis donc procuré. Emmanuel Venet est donc né dans l'ancienne capitale des Gaules en 1959. Il est psychiatre.

Dans ce livre, Emmanuel nous fait une peinture quelque peu tendre et nostalgiques de toutes sortes de maladies que nous avons pu avoir dans l'enfance ou de celles, plus graves dont on entendait parler à voix basse. Mais aussi des remèdes, des mythologies liées à ces maladies. Cela se présente donc comme un recueil de nouvelles douces-amères, un dictionnaires de maladies qui ne nous donne pas la définition scientifique ou médicale, mais plutôt la représentation que l'on s'en fait au niveau affectif.

"La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler", de Michel Folco.

La sortie d'un livre de Michel Folco est toujours pour moi un  petit évènement pour deux raisons : tout d'abord parce qu'en moyenne, il sort un livre tous  les 5 ans, et ensuite parce qu'il est l'auteur d'un des livres que j'ai le plus aimé et que j'ai déjà relu au moins trois fois : "Dieu et nous seuls pouvons : Les Très-Edifiants et Très-Inopinés mémoires des Pibrac de Bellerocaille. Huit générations d'exécuteurs" qui a été adapté de façon malheureuse au cinéma par Christian Fechner sous le titre " Justinien Trouvé ou le Batard de Dieu". Donc, une grande attente, surtout que son précédent roman, "Même le mal se fait bien" était particulièrement réussi. Michel Folco est né en 1943 à Albi.

Là, pour "La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler", Michel Folco se lance dans un projet ambitieux : conter la genèse, la jeunesse et l'adolescence d'Adolf Hitler. Je dis "ambitieux" parce que plusieurs écrivains se sont déjà essayé à ce sujet et surtout parce que Michel Folco a une écriture plutôt drôle et truculente, ce qui parait pour le moins en contradiction avec le sujet.

Comme souvent dans les romans de Michel Folco, il y a un savant mélange de réalité historique et de fiction. Tout sur les origines quelques peu confuses d'Hitler, sur son histoire, sur certaines de ses rencontres sont véridiques. Par contre, certaines situations, certains personnages et les dialogues sont, eux, directement issus des circonvolutions du cerveau de Folco. 


mercredi 28 décembre 2011

"La Femme de hasard", de Jonathan Coe.

J'ai toujours eu de l'admiration pour les éditeurs qui dénichent de nouveaux talents. Et il faut bien reconnaître que des fois, il faut sacrément avoir du flair. Autant celui qui a découvert john Irving en lisant "Liberté pour les ours !" a eu un petit boulot bien pépère, autant celui qui a décelé un futur grand de la littérature anglaise en lisant "La femme de hasard" doit être un descendant d'Elisabeth Teyssier de Nostradamus

Car talentueux, Jonathan Coe, auteur britannique de 50 ans l'est assurément. Son deuxième roman, "Une touche d'amour", commencera à le démontrer. Mais c'est avec son quatrième roman, "testament à l'anglaise" que Coe entrera dans la cour des grands. Donc, encore bravo donc pour la personne qui a découvert Jonathan Coe ( et bonne chance, il en faut !).

"La femme de hasard", c'est l'histoire de Maria, une étudiante sans goût, sans volonté, sans désir. Sa vie est monotone : elle ne recherche pas le bonheur, elle est indifférente à tout et incapable de prendre une décision. Bref, elle va subir sa vie au gré des hasards. Le style du livre ressemble un peu au thème : terne, sans relief, on a du mal à s'attacher à notre héroïne. Le roman est assez court et pourtant il est largement assez long... En plus, Jonathan, parle de temps en temps directement au lecteur, ce qui est un peu olé-olé quand on maîtrise si peu sa prose. La fin me semble particulièrement bâclée.

lundi 26 décembre 2011

"Jack l'épate et Mary pleine de grâce", de Joseph Connolly.

En voyant la photo de Joseph Connoly, un peu plus bas sur cette page, vous serez certainement saisis par ce physique complètement décalé et hors-normes. Et il se pourrait bien que le même état de surprise ne vous submerge en ouvrant l'un de ses romans. 

Joseph Connolly est un écrivain britannique né en 1950. Il est l'auteur d'une dizaine de romans. Il a longtemps été libraire avant de devenir romancier à plein temps. Un peu plus connu en France depuis que Michel Blanc a adapté son roman "Vacances anglaises" au cinéma sous le titre " Embrassez qui vous voudrez", chacun de ses romans est un best-seller.

Il est pour moi typiquement le genre d'écrivain qui se bonifie avec le temps. Alors que nombre d'auteurs n'ont plus rien à raconter après leur premier roman, on sent que chez Connoly, l’écriture est un long apprentissage et que ce sont ses "petits romans" du début qui lui on permis d'apprendre à maitriser l'art d’écrire et d'affiner son style propre. Car Joseph Connolly a un style reconnaissable entre tous. Ses romans se racontent la plupart du temps à la première personne, à ceci près que le narrateur ne narre pas : il pense. En effet, c'est comme ci l'on se retrouvait dans le crane des personnages. Et cela donne un style vif et ironique, ça permet de mieux comprendre la psychologie des personnages. Si ses premiers romans ont souvent été considérés comme "juste" des romans humoristiques, ce que l'auteur, amateur de Tom Sharp et de P.G Wodehouse ne renie pas, ils ont toujours une part de critique de la société. Et puis au fil du temps, l'écriture s'est affinée, la psychologie des personnages s'est développée, les thèmes sont de plus en plus sérieux. Son roman précédent, "L'amour est une chose étrange" marquait déjà très nettement cette évolution.